16 octobre 2012

ça pourrait intéresser les avortons dans mon genre

L’ENCYCLOPEDIE AUDIARD par Stéphane Germain 2012

L’ENCYCLOPEDIE AUDIARD par Stéphane Germain 2012

Edition HUGO & Cie sortie le 13 septembre 2012

 

Tantôt fêté, tantôt hué Michel Audiard est à ce jour outre le dialoguiste le plus connu du public français ne serait ce que pour être celui du film culte « Les tontons flingueurs »et le plus reconnu tant les consécrations déferlent.

 

Ce livre là ne déroge pas à la flopée d’hommages, bien au contraire il demeure l’ouvrage le plus exhaustif consacré à cet « obsédé textuel » du cinéma français d’après guerre. D’ailleurs l’appellation « Encyclopédie » n’est pas usurpée tant l’approche semble totale. Stéphane Germain s’est lancé dans la tache de nous présenter son modèle de A à Z auscultant toutes ses facettes Parmi celles-ci se trouvent ses travaux anonymes , ses propres réalisations aux titres volontairement longuets et ô combien mémorables (Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages-- Le cri du cormoran, le soir au-dessus des jonques --- Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas, mais... elle cause! ), ses projets inaboutis ( du Simenon et du Céline c’est dire l’ambition du gars) ses polars et ses romans dont le superbe « la nuit , le jour et toutes les autres nuits )

 

L’auteur s’est intéressé aussi à ce qu(il surnomme « LES DISEURS » ce groupe d’acteurs et actrices qui ont déclamé du Audiard avec appétit et jouissance tels que Ventura , Gabin Belmondo et le génial Blier , Maurice Biraud , Jean Carmet et a fait appel à l’illustrateur Gega pour présenter ces bouilles et ses mines patibulaires (1) .

 

Puis après une approche pertinente de l’esprit et de la mécanique d’Audiard, le biographe et essayiste s’attèle à ses longs métrages auxquels il a apporté sa patte et au lieu de citer bêtement les bons mots de cet artiste, il se met à analyser chacun de ses films l’accent outre sur leur impact public, leur l’histoire et leur contribution au cinéma gaulois. Il accompagne sa dissection d’une flopée d’affiches superbes qui rend cette iconographie on ne peut plus riche

 

C’est lors de cette introspection que ressort le mieux le portrait de ce dialoguiste de talent, parfois las de faire de l’Audiard ou de servir la soupe ; il dira d’ailleurs non sans recul « J’ai arrêté de picoler quand je me suis aperçu que j’écrivais le même livre depuis 10 ans « Durant sa dernière décennie de création , qui en conte quatre de 1949 « Mission à Tanger » à 1984 « On ne meurt que 2 fois » ce phraseur populaire pour Ventura Gabin Belmondo et autres va s’engager dans des œuvres plus ambitieuses, plus complexes et de dramaturgie plus imposante et peut -*ête plus intellectuel , lui qui clamait : « Qu’un con qui marche va plus loin qu’intellectuel qui réfléchit » cela nous donnera des œuvres mémorables « Mortelle randonnée » en 1983 « On ne meurt que 2 fois » en 1985 , « Pile ou face » en 1980 qu’il considérait comme son plus beau travail

 

L’homme peut dormir sur ces 2 oreilles , cette entreprise  cinématographique assoit sa notoriété ; nous sortons de ce livre jusqu'à plus soif tant le travail est dense et constitue un des plus achevés sur cet auteur dont les mots encore résonnent dans notre culture cinéphilique (2)

 

(1) Là nous eussions aimé que le livre s’accompagnât d’un CD contenant ces dialogues savoureux dit par ces comédiens de tempérament

(2) notamment la scène jouissive dans la cuisine des « Tontons flingueurs » qui réunit Ventura Blier Blanche , Lefèvre , Alban soliloquant sur les vertus d'une boisson alcoolise

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